Il a complètement dévissé au second tour...
Du coup, il a décidé de quitter la vie politique et n'exercera bientôt plus aucune fonction ni au Conseil municipal de Brest ni à Brest métropole.
RESULTATS DEFINITIFS. Municipales à Brest. Énorme surprise, la cité du Ponant bascule à droite, Stéphane Roudaut élu avec plus de 57% des suffrages
La ville était gouvernée par la gauche depuis 37 ans. Ce 22 mars 2026, c'est Stéphane Roudaut qui l'emporte franchement devant François Cuillandre. La fusion de la liste du maire socialiste sortant avec celle de l'insoumise Cécile Beaudouin n'a pas eu l'effet escompté.
À Brest, les résultats viennent d'être proclamés et ils sont sans appel :
- 57,25% pour Stéphane Roudaut (DVD)
- 38% pour la liste de François Cuillandre, alliée à LFI
- 4,31% pour Yves Pagès (RN)
La ville bascule donc à droite avec plus de 10 000 voix d'avance pour Stéphane Roudaut."On en avait 3 000 la semaine dernière", se réjouit le nouveau maire." C'est une fierté, un soulagement et ce que je retiens c' est la capacité de réunir, nous avons su transcender les clivages politiques". Il invite son équipe à se mettre dès demain "au boulot".
Stéphane Roudaut a sans doute bénéficié des voix de l'extrême droite, mais reste droit dans ses bottes. "Je ne suis propriétaire d'aucune voix" indique-t-il, rappelant qu'il y a eu une alliance entre le PS et LFI. Il y voit une forme de honte et préfère être resté fidèle à ses idées.
Un difficile premier tour pour le maire sortant
Au soir du premier tour, le maire sortant de Brest, François Cuillandre s’était retrouvé dans une position très inconfortable avec 23,8% des voix derrière son rival de droite, Stéphane Roudaut, 30,24%. Le socialiste a accepté une fusion avec la liste de la candidate insoumise, Cécile Beaudouin. Les négociations avaient commencé dès le 15 mars au soir après la proclamation des résultats et s'étaient poursuivies une grande partie de la nuit.
Une entente qui avait suscité des réactions très vives. À droite, évidemment, Stéphane Roudaut n'avait pas de mots assez durs pour évoquer cet accord qu'il qualifiait de fusion de "honteuse", en évoquant des "petites combinaisons en coulisses". Mais à gauche aussi, cette union avait questionné. De nombreux électeurs ne comprenaient pas cette union de dernière minute entre un socialiste qui n'avait jamais caché ses réticences face à LFI et Cécile Beaudouin.
"On a perdu"
"On a perdu, on a perdu", déclare François Cuillandre en haussant les épaules. "Je pense que l'extrême droite a voté largement pour Stéphane Roudaut", dit-il avant de reconnaître qu'il y a sans doute une question d'usure du pouvoir.
Il quitte son fauteuil de maire avec la satisfaction du devoir accompli. "Si la droite avait été au pouvoir, Brest n'aurait pas eu de tramway, il n'y aurait pas eu Les Capucins, on a fait une ville de Brest qui est extraordinaire", poursuit-il comme pour se consoler avant de lâcher. "Oui, je suis sonné ; perdre une élection, ce n'est jamais agréable."
"On ne défait pas en une semaine des mois et des mois de diabolisation de la France insoumise, réagit Cécile Beaudouin, donc malheureusement, il y a des responsabilités diverses et variées. Il va falloir entrer en résistance contre les politiques les plus récessives et les politiques les plus répressives."
"Il semblerait que le dégagisme ait fonctionné à plein et que François Cuillandre paye le fait d’avoir demandé un cinquième mandat", constate le député Brestois, Pierre-Yves Cadalen, il y a une responsabilité directe de la direction du Parti socialiste lorsqu’elle nous tape très fortement et que d’une certaine façon, elle crée de la division au sein de l’espace à gauche. Mais je pense qu’il faut regarder avec confiance vers l’avenir. Cécile Baudoin a réalisé à Brest une campagne vraiment magnifique"
Une bascule à droite
La ville de 142 346 habitants était dirigée par le parti socialiste depuis 1989. François Cuillandre briguait son cinquième mandat. Il avait tenté de rassembler, faisant liste commune avec les écologistes. Mais cette année, dès le premier tour, les électeurs lui ont tourné le dos. Il n'avait rassemblé que 23,8% des voix, presque 10 points derrière son rival de droite, Stéphane Roudaut (30,24%).
Malgré les consignes du PS, le maire sortant n’avait donc d’autre issue pour empêcher la cité du Ponant de basculer à droite que de tenter l’alliance. "On sait se raccorder sur nos valeurs communes qui ne sont pas celles de la droite" avait-il indiqué à l’issue du point presse de présentation de cette "fusion technique".
Les Insoumis avaient obtenu 12 places sur la nouvelle liste mais aucune discussion n’avait eu lieu sur le programme. En cas de victoire, ils avaient envisagé que les discussions se fassent au jour le jour, en fonction des projets. Il n'y aura pas besoin !
"Une nouvelle histoire pour Brest"
Né en 1978 à Brest, Stéphane Roudaut s'est imposé avec des voix. Après avoir suivi des études de philosophie politique à la Sorbonne, il a travaillé comme chargé d'études avant d’intégrer le secrétariat d’Etat aux personnes handicapées comme chargé de mission. En 2004, il est recruté comme chef de cabinet au Conseil général de l’Yonne, puis revient dans son Finistère natal en 2008 pour devenir directeur de cabinet du maire de Landerneau.
En 2014, il est élu maire de Gouesnou. Marié, père de deux enfants, il est également conseiller régional.
Il avait nommé sa liste Une nouvelle histoire pour Brest, il vient de tourner une page.
(Avec Ninnog Louis)
Découvrez les résultats pour Brest et le Finistère
Une carte actualisée en temps réel permettra de connaître les résultats des communes du Finistère au fur et à mesure de la soirée. N'hésitez pas à revenir dans cet article ou à le rafraîchir pour de nouveaux résultats.
https://www.letelegramme.fr/finistere/brest-29200/a-brest-francois-cuillandre-quitte-la-vie-politique-apres-sa-defaite-aux-municipales-7011107.php
À Brest, François Cuillandre quitte la vie politique après sa défaite aux municipales
Battu largement ce dimanche soir aux municipales 2026, François Cuillandre, maire de Brest pendant un quart de siècle, a décidé de ne pas siéger au conseil, après celui d’installation dans quelques jours.
Il considère que le moment est venu de jeter l’éponge. Tête de liste de la gauche, le maire socialiste sortant de Brest, François Cuillandre, 71 ans, devait siéger dans l’opposition au conseil municipal et à la métropole. Mais ce lundi 23 mars 2026, au lendemain d’une lourde défaite, il a décidé de laisser sa place. Il viendra très certainement au conseil municipal d’installation, dans quelques jours, puis à celui de la métropole également, en qualité de maire et président sortant. Avant de tirer sa révérence.
Un quart de siècle comme maire
François Cuillandre a fait son entrée au conseil municipal de Brest en 1989, dans la majorité de Pierre Maille. Il a été élu maire en 2001, il y a un quart de siècle, presque au jour près. Un record qui sera d’autant plus difficile à battre qu’un de ses mandats a duré un an de plus que la normale : les élections municipales de 2007 ont été repoussées en raison des présidentielles et des législatives. Il a été aussi député de 1997 à 2002.
Il sera remplacé par les suivants sur la liste. C’est l’écologiste Manon Galle, 34 ans, responsable de projet numérique, qui le remplacera au conseil municipal et le communiste Taran Marec, 27 ans, développeur informatique, qui ira à sa place à la métropole. Ce qui réduit donc encore la place du PS dans ces deux instances.
Tristan Foveau réfléchit
Tristan Foveau, le directeur de campagne, pourrait rester au conseil municipal (il n’est pas élu à la métropole). « Je serai à celui d’installation et je vais réfléchir à la suite. On va faire le boulot dans l’opposition : c’est une année zéro pour nous », dit-il ce lundi matin. « Il n’y a pas de regret au sujet de l’alliance avec Brest Insoumise : il fallait tenter quelque chose. On aurait perdu dans une quadrangulaire ». S’il devait renoncer, c’est Fragan Valentin-Leméni (UDB) qui siégerait.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire